• Histoire Générale

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    Les drogues qui détruisent les 3 Vers.

     

     

    Outre le jeûne et l’abstinence de céréales, les drogues pour détruire les Trois Vers sont anciennes et innombrables. Ces recettes qui ont le pouvoir de détruire définitivement les Trois Vers sont elles-mêmes confectionnées avec des plantes mais aussi des bières de riz ou millet. La bière sert ici de solvant des principes végétaux grâce à l’alcool. Rappelons que les méthodes asiatiques de brassage (ferment amylolytique), telles qu’elles se sont généralisées à partir des Han, produisent des bières plus alcoolisées (15% à 20% d’alcool). On attribue à Zhou Yishan, immortel imaginaire, cette recette qui date du 4ème ou 5ème siècle :

    « La recette pour tuer (les Trois Vers) utilise 5 onces d’aconit ; 7 dixièmes de boisseau-sheng de grains de chanvre ; 6 onces de rehmannia glutinosa ; une racine de xanthoxylum de 7 pouces de long ; 7 onces de smilax ; 4 onces de cannelle ; 5 onces d’inflorescence d’agaric en forme de nuage : en tout sept drogues (différentes). Avant cela, on a pris une racine de jonc (acorus celamus) et on l’a fait bouillir dans de la bière de façon à faire une liqueur essentielle pesant un boisseau et demi d’infusion.

    On y met macérer les sept drogues, on décante (le tout) dans un vase ; mais cela ne peut pas encore servir. Après les avoir laissé macérer trois nuits, on les tire et on les expose au soleil afin de les sécher. (Puis) de nouveau on prend la liqueur susdite et on en imbibe (les sept drogues) pendant trois nuits ; et de nouveau on les retire (de la bière) et on les expose au soleil (et on continue ainsi à les tremper dans la bière et à les faire sécher alternativement) jusqu’à ce que la bière soit épuisée ; alors on cesse de les exposer pour les sécher. On les pile dans un mortier en fer et on les passe par un tamis serré, afin de les réduire en poudre. On prend du miel blanc et on y mêle la poudre pour en faire des pilules. Le matin, tourné vers l’Est, on roule d’abord deux pilules grosses comme un petit pois ; puis on augmente (chaque jour) d’une pilule jusqu’à dix et plus.

    Ce régime guérit la fièvre tierce à l’intérieur du ventre, réellement fait monter le souffle de façon que le cœur et la poitrine soient dégagés de toute obstruction, coagule la chair et la peau, rend le corps léger et lui fait une auréole. Quand on a pris une dose entière, les Vers des céréales meurent ; quand les Vers sont morts les Cadavres se dessèchent ; quand ils sont secs, ils tombent d’eux -mêmes. Il faut faire cela plusieurs fois, et ne pas s’en tenir à une seule dose. » (Maspero 1971. jiu=bière a été substitué au mot ‘vin’ donné par Maspero[1]).

    Cette autre recette donnée est donnée par le grand médecin taoïste du 7ème siècle, Sun Simiao :

    « Sumac, 2 dixièmes de boisseau ; rhubarbe en poudre, 6 onces ; bière 1 dixième et demi de boisseau ; graines de navet en poudre, 3 dixièmes de boisseau.

    Faire chauffer ensemble à un feu doux les quatre produits ci-dessus jusqu’à ce qu’on puisse en faire des pilules ; (en faire des pilules) grosses comme une graine d’éléococca. Prendre trois pilules avant de manger. Au bout de dix jours le sang impur descendra par le nez ; au bout de trente jours les Vers seront tous desséchés ; au bout de cinquante jours le corps sera resplendissant ; au bout d’un an, on égale à la course un cheval au galop... » (Maspero, 371).

     

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    [1] Maspero Henri 1971, Le Taoïsme et les religions chinoises, p. 371.