• Histoire Générale

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    Tradition, Consensus et boissons fermentées.

     

    La parole révélée dans le Coran est complétée par la Tradition (Sunna), deuxième autorité tirées des paroles (hadîth) du Prophète et de ses Compagnons. Plusieurs traditions ou écoles de pensée vont émerger selon qu'on accepte ou non que l'Autorité du Prophète se soit communiquée (transmise) au cercle élargi de ses compagnons (les sahaha témoins de sa vie), de ses parents, des suivants à Médine de son vivant ou après sa mort. Cette question complexe a divisé les musulmans,  notamment les écoles juridiques (madhhabs) sunnites et chiites. La nature de l'Autorité, sa constitution, sa transmission sont en cause. L'idjmâ (unanimité, consensus adopté par les Docteurs de l'Islam) est une des sources du droit musulman, après le Coran et la Sunna. Les écoles juridiques lui accordent une place plus ou moins grande. Une règle de droit ne peut en aucun cas contredire le Coran ou la Sunna [1].

     

    • Les sunnites admettent la règle du consensus, invoquant le hadith « Ma communauté ne se réunira pas sur une erreur »;
    • le malékisme ne reconnaît que l'idjmâ des compagnons de Mahomet et de ceux qui le suivirent à Médine, invoquant le hadith « L'Islam reste attaché à Médine comme le serpent à son trou »;
    • les hanbalites ne reconnaissent que celui des compagnons de Mahomet;
    • les chiites n'admettent que l'avis collectif des seuls descendants de Mahomet par le sang ou l'alliance.
    • Les kharijites et les mu`tazilites rejettent le principe de l'idjmâ.

     

    Si certains raisonnent et persuadent le croyant de la souillure et de l'égarement que représente la consommation des boisons alcooliques, d'autres condamnent non seulement la consommation mais aussi la production, le commerce direct ou indirect (profits) de l'alcool comme haram, illicites et donc interdits. Toute personne tentée de renier l'interdiction de l'alcool, quel qu'en soit le prétexte (ignorance, égarement, tromperie) est traitée comme apostat et abjurant d'un des fondements de l'islam.

    Voici quelques hadiths qui ne laissent aucun doute. Le mot « vin » englobe toutes les boissons alcooliques :

    « Toute boisson susceptible d’enivrer est illicite, en si petite quantité que ce soit », rapporté par Al Bukhari et Muslim.

    « Dieu maudit le vin, celui qui le presse, celui à qui on le presse, celui qui le boit, celui qui le prend, celui à qui on le prend, celui qui le vend, celui qui le sert et celui qui à qui on le sert », rapporté par Al Bukhari.

    « Le vin est la clé de tout mal » rapporté par Ibn Hanbal et Ibn Maja.

    « Quiconque boit le vin en ce monde et ne s’en repent pas, n’en boira pas dans l’autre monde », rapporté par Al Bukhari qui fait référence aux promesses du Paradis dans le Coran. « À l'image du paradis, qui a été promis aux fidèles, et où couleront des fleuves d'une eau pure, des fleuves de lait au goût inaltérable, des fleuves de vin exquis » (sourate 47, VII, 15).

    « Les purs seront abreuvés d'un vin rare » (sourate 83, 25). Mais il n'est jamais dit si ce vin est "matériel" ou métaphore de la connaissance.

    « Celui qui croit en Allah et au jugement dernier, ne doit pas boire l'alcool », rapporté par El-Bukhari.

    « Maudit soit celui qui boit, achète, vend du vin ou incite les autres à en boire » rapporté par Abu Daoud, Ibn Maja et Ibn Hanbal.

    « Maudit, est également, celui qui donne le vin à titre gratuit et celui profite des fonds qui reviennent de sa vente » rapporté par Tirmidhi.

    « La prière de celui qui boit du vin ne sera pas acceptée par Allah ».
    « Boire du vin est incompatible avec la foi », hadith rapporté par Al Bukhari.
    « Il est déconseillé de l’employer comme remède », rapporté par Muslim et Ibn Hanbal.

     

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    [1] L’école hanafite, fondée en Irak par l’imam Abou Hanifa (m. en 767), d’esprit assez large, fait le plus appel à la raison. Les 2 autres écoles de l’imam Malik (m. en 795) et de l’imam al-Shafiî (m. en 820) mettent en avant la notion de consensus, incorporant même des coutumes extra-islamiques comme les droits coutumiers maghrébin (urf) adopté par le malékisme. Enfin, celle de l’imam Ibn Hanbal (m. en 855) opte pour une rigueur calquée sur le modèle du prophète (la Tradition).