• Histoire Générale

    world history

    Shahr-i-Sōkhta en Iran oriental (3000 av. n. ère).

     

     

    Les polyphénols analysés dans les résidus d'une tombe de Shahr-i Shōkhta conduisent à la même conclusion : présence d'une fermentation alcoolique. Elle est ici associée à des restes de grains et de raisins, donc à la bière et au vin [1]. Cette ville et nécropole d'Iran oriental (province du Sistan-Baluchistan) est fondée vers 3200 av. n. ère et sera abandonnée vers 2100. C’est un des complexes urbains les plus étendus de l’âge du bronze (150 ha). Sa zone occidentale regroupe entre 25.000 et 40.000 tombes. Les habitants sont des fermiers et des artisans expérimentés (poterie, vannerie, pierre). Aucune arme n’a été découverte sur le site.

     

    Contemporaine de l’essor des premières cités-état de Mésopotamie, Shahr-i Shōkhta montre que des villes apparaissent et se développent dans plusieurs régions indépendantes de la planète. Ces noyaux urbains ne sont cependant pas isolés : un vaste réseau commercial couvre tout le sud de l’Iran et relie au milieu du 3ème millénaire les vallées de l’Indus et du Tigre-Euphrate.

    Ces résultats placent, avec d'autres témoignages concordants, les débuts de la brasserie il y a 6000 ans en Mésopotamie et 5000 en Iran.

    Des cultures proto-urbaines ont précédé cette époque en Syrie, Irak et sur les côtes du Levant. Elles laissent supposer que la brasserie a pu se développer au Proche-Orient deux ou trois millénaires plus tôt. Mais nous ne disposons d'aucune preuve (vestiges archéologiques, analyses de résidus chimiques) pour associer formellement ces premières communautés sédentaires élargies et urbanisées avec la production de boissons fermentées à base de grains.

     

     >

     


    [1] Sinibaldi Massimo Dr. 2004, Polyphenol analysis of grape and beer residues from a tomb of the necropolis of Shahr-i-Sokhta, Communication du Dr. Sinibaldi au Congrés Internacional sobre la Cervesa a la Prehistòria i al Món Antic, Barcelone 3-5 Octobre 2004.