• Histoire Générale

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    Les récentes découvertes de bières archaïques.

     

     

    Les expressions « Bières archaïques » ou « Premières bières » désignent ici les plus anciennes bières qu’on puisse à ce jour identifier scientifiquement dans un contexte archéologique bien étudié (datations scientifiques, stratigraphies méthodiques, culture matérielle décrite). Selon les régions du monde, les archéologues sont susceptibles de faire reculer les dates données ci-dessous. Nous ne parlons pas ici de la bière originelle, de la mère de toutes les bières, mythique à notre avis.

     

    L'expression « LES bières archaïques » implique que LA bière n'existe pas, même si le langage et nos processus mentaux nous incitent à y croire. La naissance de la bière s'est jouée dans chaque région du monde, dans un contexte indigène et des processus autochtones. Il y a autant de bières primitives que de régions d'origine, une vingtaine environ (voir Les bassins brassicoles dans l’histoire).

    Les contextes techniques, économiques et sociaux qui voient naître des primitifs breuvages fermentés en divers points du globe sont cernés grâce aux fouilles archéologiques, aux recherches des archéobotanistes et aux techniques de l'archéobiochimie. Ces travaux remarquables permettent de dépasser le stade des hypothèses naïves. Les plus anciennes cultures humaines ayant brassé la bière avaient déjà franchi le stade social et technique du néolithique. L'hydromel ou les vins de fruits sauvages – boissons de simple collecte fermentées spontanément –, sont accessibles aux sociétés de chasseurs-cueilleurs. La bière implique la culture, le stockage et la gestion sociale des sources végétales d'amidon, autrement dit des structures sociales plus évoluées coïncidant avec la maîtrise de l'agriculture ou de l'horticulture.

    Sur quatre continents, des chantiers de fouilles ont exhumés des poteries entières ou des tessons imprégnés des résidus de leur antique contenu liquide. Le Proche-Orient (Iran-Irak), l'Egypte, la  Chine, la Bolivie, la Grèce et l'Espagne ont livré de précieuses informations sur leurs très anciennes boissons fermentées.

    Des spécialistes analysent ces traces chimiques avec des technologies sophistiquées. Ils parviennent à isoler, dans la majorité des cas, des groupes de molécules résiduelles conservées. L'oxalate de calcium est un marqueur d'une fermentation alcoolique. Grâce à elles, ils remontent aux complexes biochimiques originels et identifient les sources végétales, animales ou minérales utilisées et transformées, ainsi que leurs sous-produits.

    A leur côté, les archéobotanistes reconstituent la flore locale ancienne, déterminent les espèces végétales enfouies et se prononcent sur leur degré de domestication (analyse morphologique, étude des pollens, génétique).

    Enfin, les archéologues établissent la stratigraphie des sites fouillés, procèdent aux datations et reconstituent le développement technique et culturel des sociétés disparues.

    Ce triple faisceau de données éclaire les débuts de la brasserie sous des jours nouveaux et place l'enquête sur un terrain scientifique. Les résultats accumulés durant ces dernières décades offrent à l'histoire de la bière un terrain solide.

     

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